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Florian Cyclo-voyageur. Auteur du livre 'une famille un monde'

Sydney & Melbourne

Sydney & Melbourne

Les deux plus grandes villes australiennes visitées au pas de course d’une marche urbaine de deux semaines en juillet 2019.

Sydney

Archi-tecture

La plus grande ville d’Océanie a cette fascinante qualité architecturale : d’où qu’on la regarde elle présente un profil agréable. La Skyline de New-York n’est vraiment belle que de la mer, celle de Sydney s’impose comme une évidence où que l’on soit autour d’elle : des deux baies qui l’encadrent, des nombreux parcs qui ponctuent la ville et même de la lointaine plage de Manly. Une telle réussite s’impose autant par le site choisi par les premiers colons (et Cook s’y connaissait en baies) que par le nécessaire souci de bien urbaniser ce nouveau monde.

marcheurs

Inhabitable et peu hospitalière dans son immensité, l’Australie ne peut proposer que des havres où l’eau est présente et la température agréable toute l’année. La baie de Sydney (ou plutôt les baies de Sydney tant celle-ci possède de recoins) fait partie de ces merveilles géographiques que le hasard naturel nous a légué.

Une vision progressiste et l’absence d’un lourd fardeau architectural ont fait le reste : Sydney est une ville où il fait bon vivre mélangeant sans échec un relatif ancien monde avec une modernité bien pensée. Si son opéra reste le reflet de cette imagerie architecturale, l’ombre massif de Bay Bridge ou les tours qui surplombent Darling Harbour ont de quoi marquer la rétine et l’esprit du voyageur de passage.

Archi-cool

Comme en Californie avec qui elle partage un des niveaux de vie les plus élevés du monde, la grande ville australienne (qui n’est pas la capitale) héberge une population aisée, visiblement en bonne santé, gentiment bobo, imbibée de caféine et de bon vin quelle déguste aux terrasses des nombreux cafés qui rivalisent d’inventivité dans leur décoration et les menus proposés. Tout est propre et tout est cher. Rien n’échappe à un marché concurrentiel qui envisage de tout régir : la restauration, la santé (grosse mode du laser), les voyages et globalement tout ce qui se vend et s’achète ont pignon sur rue. On adhère ou pas à ce mythe anglo-saxon du progrès et de la libre économie. On peut en constater tout de même une conséquence : les prix prohibitifs poussent les sans-abris dans les endroits publics à la tombée de la nuit.

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Un tel niveau de vie et un recours sans honte au principe du libéralisme économique dans un pays qui souffre depuis quelques années d’un cruel manque d’eau entraîne mécaniquement un rapport à dame nature qui n’est pas toujours équilibré. Bataille de chiffres mis à part, les Australiens partagent avec leurs lointains cousins nord-américains le triste record de nombre de planètes à mettre à leur disposition pour perpétuer leur mode de vie.

A leur décharge, un pays-contient immense où le recours à l’avion est fréquent. Vu de Sydney, les avions à l’arrivée et au départ forment une ligne presque continue dans le ciel surplombant des routes, des chemins de fer et des voies fluviales tout aussi encombrés. Même les trottoirs peuvent être saturés aux heures de pointe obligeant tout le monde à tenir sa gauche !

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Melbourne

Une pluie grise et une luminosité poisseuse nous accueillent à la gare de Melbourne alors que nous venons de passer une nuit au confort sommaire dans le train qui relie les deux plus grandes villes d’Australie. La fraîcheur sèche de Sydney laisse la place au froid mordant de sa cousine du Sud. On aurait pu rêver mieux comme entrée en matière. Heureusement qu’un bar tenu par des bénévoles nous fait ré-émerger dans ce nouveau monde urbain à renfort de caféine et de beurre de cacahuète. Il ne fait toujours pas chaud mais le coeur est regonflé. La pluie cessant nous voilà repartis dans notre trek urbain dans un centre-ville quadrillé où de centres commerciaux en ruelles marchandes nous traçons notre chemin jusqu’à la bibliothèque régionale à l’univers studieux et chauffé. Un tour sous le majestueux dôme et des lockers, consignes, où nous laissons nos sacs de voyage finissent par recharger nos batteries.

Melbourne fut un temps la ville la plus peuplée du Pacifique, les habitants de Sydney délaissant cette dernière pour une hypothétique ruée vers l’or. Poussée par cette population grandissante et une économie galopante, la ville garde de cette époque des richesses architecturales où se mêlent héritage victorien et tours de verre. Enroulée dans les replis d’un fleuve et proche d’une baie presque entièrement fermée, elle possède tous les atouts pour s’imposer comme la ville la plus agréable à vivre au monde d’après certaines enquêtes. Mais comme sa jumelle de l’est, l’inflation galopante du prix de l’immobilier risque de la faire passer en queue de peloton. La gratuité des transports en commun dans le centre-ville est un premier pas vers une démocratisation de l’accès à la cité. Suffira-t-il à garder la pole position ?

Dans tous les cas, chacun peut se payer son overdose préférée : shopping pour les uns, jazz et musées pour les autres. Niveau gustatif, la ville a aussi de quoi combler tous les goûts : du kebab à 10$ au grand restaurant français au tarif non affiché, difficile de trouver plus éclectique dans un si petit périmètre.

Alors, Melbourne ou Sydney pour s’installer ? Si j’ose la comparaison, forcément douteuse, j’assimilerais Sydney à San Francisco, ville de cadres sup’ qui ronronne en regardant le passé, et Melbourne à Los Angeles, ville toujours en mouvement et à l’avant-garde des changements sociaux-culturels du pays.

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