Florian
Florian Cyclo-voyageur. Auteur du livre 'une famille un monde'

L'heure des bilans

L'heure des bilans

Sept mois. 7 mois que nous voyageons. Un article un peu spécial s’imposait pour rendre compte de cette moitié de chemin effectuée. L’occasion aussi de faire évoluer ce blog qui n’avait pour but au départ que de rassurer famille et amis et de conserver un lien avec l’école de Zoé. Aujourd’hui, vous êtes nombreux à nous écrire et à lire régulièrement notre prose hésitante rédigée à la hâte et à regarder nos photos d’amateur. Ca nous fait très plaisir et nous oblige à continuer ce petit exercice quotidien. L’occasion pour moi de remercier mes deux correctrices : Carine qui juge du bon goût de ce journal, censure avec efficacité mes débordements et supprime un bon nombre de fautes d’orthographe et de grammaire et ma maman qui s’occupe d’éliminer les dernières coquilles avec sa connaissance approfondie des pièges de la langue française. Sans elles, ce blog serait certainement encore plus difficile  à lire.

Voici donc une mise à jour du site que j’espère réussie avec normalement, un site plus rapide et plus clair, une traduction complète en français et une multitude de petites améliorations que seuls les plus “geek” d’entre vous percevront et c’est très bien ainsi.

Les journaux des enfants ont évolué. Mahaut a bien travaillé ;-

Le résumé en espagnol est presque à jour grâce au travail acharné de Carine. La version anglaise est restée bloquée au point mort à cause de mon manque d’acharnement. En guise d’excuse, il faut dire qu’après l’équatorien, le péruvien et le bolivien, je dois apprendre l’argentin et ces “che” qui viennent remplacer bon nombre de voyelles me donnent du fil à retordre alors la langue de Branle Poire (Shakespeare en anglais) n’est pas ma priorité.

Mais entrons dans le vif du sujet. Des bilans, en voici un premier, sur le pays que nous venons de quitter : la Bolivie.

La Bolivie : pays des superlatifs. Pays le plus haut du monde et pays le plus pauvre d’Amérique du Sud entre autres. Pour la hauteur, ça ne nous fait plus grand chose de vivre à plus de 4000m mais nous sourions en voyant les touristes arrivés de La Paz complètement essoufflés et victimes de maux de tête. Mâchez un peu de coca, ça vous changera du coca-cola !

Quant à la pauvreté, elle est moins perceptible qu’au Pérou mais elle existe et la traversée de certains villages continue de nous secouer moralement. Difficile également d’accepter que des enfants de l’âge des nôtres mendient dans les centres villes. Des personnes bien intentionnées nous ont bien expliqué que tout cela est organisé et que quand les enfants remontent dans leur village, ils s’habillent proprement et mènent une vie paisible avec l’argent gagné. J’ai toujours du mal à adhérer à cette théorie. Nous n’avons encore croisé aucun de ces villages de mendiants riches et pourtant avec nos vélos, nous voyons beaucoup de choses.

Côté souvenir, comme dans les autres pays que nous avons visités, les paysages bien évidemment mais surtout les Boliviens: Sourire, disponibilité, curiosité, honnêteté, ils remonteraient le moral à tous les déprimés du monde. Comment font-ils pour être toujours aussi souriants ? C’est quoi le truc que j’en ramène un peu en Europe ? Pourquoi les habitants des pays «en voie de développement» ont-ils toujours l’air plus heureux que ceux des pays «riches» ? Pourquoi ont-ils la «nonchalance» quand nous avons le «stress» ? J’avoue que cette dichotomie me fascine de plus en plus. Peut-être sont-ils ainsi parce qu’ils cherchent moins que nous à régenter l’avenir. Ils attendent également moins de la vie que nous qui nous pensons promis à un bonheur éternel.

Plus loin de tout que le Pérou ou l’Equateur, les Boliviens ont développé leur propre culture, curieux mélange de tradition et de modernité. Ca nous a plu et ce n’est pas un hasard si nous y sommes restés plus de deux mois.

Et maintenant il faut que nous nous décidions pour la suite du voyage. Si l’on suit l’itinéraire prévu, nous devrions vite nous envoler pour l’Océanie. Mais comme le dit la sagesse du voyageur : “on croit faire un voyage mais c’est le voyage qui vous fait ou vous défait”. Dans notre cas, le voyage a défait un certain nombre de certitudes. Dont celle qui nous faisait croire qu’il fallait “faire” beaucoup de pays et de continents et revenir avec un tableau de chasse impressionnant pour que le voyage mérite l’appellation “tour du monde”. Aujourd’hui nous avons changé d’optique. Seul compte le voyage et le luxe extraordinaire de pouvoir prendre son temps. Pourquoi repartir de ce continent alors que nous n’en avons exploré qu’une infime partie ? Nous découvrons à peine l’Argentine et il nous reste encore le Chili sur notre route vers le sud. Pourquoi allez mettre une petite fortune dans un voyage en avion alors que nous pouvons pédaler encore pendant les 5000 km qui nous séparent d’Ushuaïa ? Le budget du voyage en Océanie puis retour en Europe via l’Asie représente plus que ce que nous avons dépensé aujourd’hui pour vivre 6 mois en Amérique du sud. Pourquoi changer de langue alors que nous commençons enfin à nous débrouiller en “Castellano” ? Quel plaisir de pouvoir communiquer avec les Sud- Américians dont on ne louera jamais assez la gentillesse. En bref, tourner en avion autour de notre planète nous apportera-t-il plus que de continuer à découvrir ce continent ? Nous n’en sommes plus persuadés. A relire ce que nous avions écrit sur la page “projet” il y a plus de sept mois, je crois que l’Amérique du sud va nous retenir un peu plus longtemps que prévu et que tout projet d’itinéraire est définitivement une erreur dans un voyage au long cours. Donc pour l’instant nous continuons vers le pôle sud. Les autres continents peuvent attendre.