Florian
Florian Cyclo-voyageur. Auteur du livre 'une famille un monde'

Quito

Quito

Estamos bien en Ecuador ! Un peu fatigués par le voyage, le décalage horaire et l’altitude (Quito est la deuxième ville la plus haute du monde), nous prenons quelques jours pour nous acclimater avant de remonter sur nos vélos. Voici un petit résumé de ces premiers jours en Amérique du Sud.

12 août 2010 : Barcelone - Quito

Nous nous attendions à avoir quelques difficultés à l’aéroport à l’enregistrement de nos bagages. Nous n’imaginions pas tant de galère. Pourtant, tout avait bien commencé. Au bureau de la compagnie Avianca, on nous confirme qu’il faut mettre les vélos en carton. Même son de cloche auprès de Jan et des magasins de vélo de Barcelone. Pas de problème, le très sympathique français s’occupant du magasin Espaibici nous en donne deux. On voulait prendre le train mais quand on se renseigne sur le prix plus que raisonnable du taxi, on change d’avis. On réserve un grand taxi pour nous 4, nos 2 vélos, la remorque et les sacoches. Nous passons notre dernière soirée chez Jan autour d’un lapin à la moutarde.

Le lendemain, le taxi qui se présente est bien trop petit pour les vélos, il nous faut en appeler un deuxième. Celui-ci n’est pas assez large non plus. Pas de problème pour le chauffeur. Il sort un couteau de la boîte à gants et décapite mon beau paquet. Evidemment, comme ça, ça rentre ! Au final on paiera pour 2 courses de taxi. Il nous en faut plus pour entamer notre moral et 4h avant l’embarquement, nous nous présentons à l’enregistrement avec 3 chariots et une poussette. Carine me fait remarquer que «check-in» se dit «facturacion» en espagnol. Elle ne croyait pas si bien dire. Au guichet, on nous explique qu’il n’est pas possible d’aller en Equateur sans posséder un billet de retour. La bonne blague. Carine explique avec son plus bel espagnol que l’on voyage à vélo et que nous repartirons d’Equateur avec nos petites jambes avant l’expiration du visa. Rien n’y fait. La règle est claire, soit on achète un billet, soit on ne monte pas dans l’avion aujourd’hui. Tout cela nous paraît un peu louche mais nos billets étant non remboursables, nous n’avons guère le choix. Pour compléter le tableau, je m’aperçois que j’ai oublié mes habits chauds chez Jan. Il saute dans un train, me les apporte et finalement nous est d’une aide précieuse pour nous expliquer qu’il faut acheter les billets les plus chers pour espérer le meilleur remboursement. Pour une fois qu’on achète des billets en 1ère classe, nous n’allons même pas les utiliser. Tout ça prend 3 bonnes heures et au moment d’enregistrer les vélos, les cartons sont trop grands et ne passent pas dans le scanner. On devrait donc payer un taxe supplémentaire mais comme nous sommes en retard, ça passe comme ça. Au final, on arrive à Quito avec une heure de retard. Tous nos bagages sont là sauf les vélos !

13 Août 2010 : Quito

Nous dormons quelques heures chez Marco qui par chance travaille à l’aéroport. Il retrouve la trace des vélos. Ils sont à Madrid ! Nous ne les récupérerons pas aujourd’hui.

Marco nous invite chez ses parents pour un baptême. Si en France, on mange beaucoup et on danse un peu, ici on danse beaucoup et on mange un peu. Mais c’est jour de fête et on goûte à la spécialité locale, le Tornado accompagné de plusieurs variétés de maïs. C’est délicieux. L’accueil est chaleureux et les gens souriants.

Sauce Ornado

L’ambiance joyeuse tranche avec nos premières impressions de Quito. Car ici, les maisons sont entourées de murs infranchissables, les portes et fenêtres sont doublées de grille et la nuit on s’enferme à double tour avec l’alarme enclenchée. Pas vraiment rassurant au premier abord.

Quito à perte de vue

Pour finir la journée, nous allons rendre une visite à l’incontournable «Mitad de Mundo», le milieu du monde. Cette ligne imaginaire qui coupe le monde en deux et qui a fini par donner son nom au pays nous permet pendant un court instant d’avoir un pied dans chaque hémisphère.

Un équatorien vivant à Toronto et parlant un peu français m’offre un verre de l’alcool local à base de sucre de canne. Sur la place, tout le monde danse.

14 août 2010 : Quito - Otavalo

Marco nous emmène en voiture à la découverte de la région au nord de Quito, où nous ne serions pas allés à vélos. mais qui recèle quelques trésors. D’abord le paysage magnifique traversé par la panaméricaine qui relègue les montagnes françaises au rang de sympathiques monticules.

Puis les marchés. Dans le premier, nous nous arrêtons pour grignoter quelques fruits inconnus en Europe et une autre préparation à base de porc. Puis nous allons à Otavalo pour découvrir son marché traditionnel. Les habitants de la région, qui ont conservé les coutumes et leur costume, descendent des montagnes alentours pour vendre tissus, laines et habits colorés fabriqués à la main.

Dans un autre village, c’est le travail du bois qui est à l’honneur. La place à elle-seule mérite le détour.

Pour finir cette journée de découverte, Marco nous emmène dans une ferme appartenant à sa famille pour y cueillir des mandarines, des avocats et des goyaves.

Là-aussi l’accueil est chaleureux et après un thé et une part de gâteau, nous rentrons à Quito. Le décalage horaire fait dormir tout le monde dans la voiture.

15 août 2010 : Quito / Vieux Quito

Ce matin, opération récupération des vélos. Il nous faut presque 1 heure pour revoir nos deux cartons complètement éventrés. Un petit moment d’angoisse : on avait mis les sacs de couchage et les matelas dans ces cartons. Sont-ils encore là ? A part un garde-boue voilé, les vélos sont en bon état et nous retrouvons toutes nos affaires. Merci Marco!

L’après-midi, nous rencontrons Luis qui veut nous aider dans notre périple en Equateur. Il fait partie d’une association qui cherche à promouvoir le vélo à Quito. Avec ses amis, il veut nous escorter lors de notre sortie de Quito pour nous protéger de la circulation et nous accompagner une partie du chemin. Décidément, l’extrême disponibilité des équatoriens nous fait réfléchir sur l’individualisme de nos sociétés européennes. «L’Amérique du sud, c’est un autre monde» me dit Luis.Depuis 3 jours que nous sommes ici, c’est une évidence. Nous finissons l’après-midi sous la pluie (et oui ma p’tite dame, ici aussi, il n’y a plus d’saisons!) et Marco nous fait la surprise de nous faire découvrir la vieille ville de nuit. Le centre colonial autrefois réputé très dangereux a été entièrement réhabilité et donne une toute autre impression de Quito. Nous allons nous attarder quelques jours de plus pour le découvrir…

16 août 2010 - Quito

On se repose chez Marco, Zoé fait ses devoirs, nous lavons nos habits, nous rédigeons le blog, trions les photos, etc…

17 août 2010 - Quito et Vieux Quito

Aujourd’hui, opération remboursement des billets retour. Avec Marco, nous sommes baladés de bureau en bureau. Avec Carine, nous finissons dans le bureau central d’Avianca, quelque part dans la ville moderne. Nous trouvons enfin quelqu’un qui parle anglais. Nous nous expliquons :

  • Bonjour, nous voudrions obtenir le remboursement des billets que vous nous avez forcés à acheter à Barcelone.

  • Vous ne quittez plus l’Equateur ?

  • Si, si, mais en voiture (ne pas dire vélo, ça ne fait pas sérieux).

  • Pas de souci, revenez dans 45 jours, nous aurons le cash pour vous rembourser.

  • Heu, dans 45 jours, nous aurons quitté Quito.

  • Dans ce cas, faites-vous rembourser en France à votre retour.

  • Nous ne rentrons pas en France avant un petit moment.

  • Alors, ça ne va pas être possible de vous rembourser.

  • Si, si, ça va ETRE POSSIBLE !!

(longue attente, discussion entre chefs, photocopie de nos passeport, carte bleue, etc…)

  • OK, nous allons vous rembourser dans 2 mois.

  • Ca ne peut pas être un peu plus rapide.

  • Non.

Nous passons le reste de la journée dans le Quito colonial. Ce sont surtout les édifices religieux qui caractérisent ce vieux quartier. Nous visitons sur les conseils de Marco deux des plus beaux édifices : le Covento de San Fransisco, le plus grand couvent des Amériques, véritable havre de paix dans ce centre ville bruyant et encombré de voitures.

Ici, pas de conservatisme rigide, on repeint les murs des églises et les statues en couleurs vives. Les intérieurs sont chargés de détails. L’intérieur le plus flamboyant de tous est celui de la Campania, entièrement recouvert de feuilles d’or! Nous restons quelques temps entourés de cet étalage de richesse et oublions, pour un instant, la réalité extérieure. En sortant, là devant l’église, des enfants de l’âge de Zoé cirent les chaussures des passants. La misère n’est jamais très loin…

Finalement, nous allons rester à Quito jusqu’à dimanche pour plusieurs raisons : profiter de la compagnie de Marco un peu plus longtemps, fêter l’anniversaire de Zoé samedi et en plus le dimanche, certaines routes de Quito sont interdites aux voitures.

Pour la suite du trajet, nous devrions rester dans les Andes afin d’éviter les climats plus chauds et humides de l’Oriente et de la côte. Ainsi nous rejoindrons Riobamba où la famille de Marco se propose de nous héberger puis Cuenca où nous devrions arriver pour la rentrée scolaire et visiter une école qui depuis 2 ans correspond avec une école de Marseille. Encore merci à ceux ceux qui de près ou de loin nous aide d’une façon ou d’une autre dans ce périple. Et comme on dit ici en guise de remerciements : “Dios te pague”